mardi 19 mai 2026

Feu Rosebud

Étrangement en désamour du cinéma, un vieil art qui a fini, comme nous autres, par confondre progressisme et technologie, esprit d'ouverture et industrialisation. Comme les baskets et les 3 bandes portés par de petits blancs médiocres qui pensent faire tierquar, l'art cinématographique est aujourd'hui porté par une minorité affalée sur des couches successives de visions moyennes et molles du genou qui ont effacé les vrai.e.s pionnier.e.s.


Suis désolé mais l'art et le progressisme ne naissent que dans les minorités, dans la vision très particularisée de celle ou celui qui innove, non pas qu'en technologie, mais par l'endroit où son œil, son oreille, bref, ses sens et sa réflexion se posent et scrutent le réel. Et là, toutes les visions partent d'un téléviseur branché sur Netflix comme les appétits de restaurants fastfood, que ce soit poulet ou hamburger.

Quand je vois toutes ces figures vaniteuses, ridicules et prétendument iconiques qui frétillent du boule devant les caméras par peine d'exister dans la vraie vie, je préfère retourner à mes goûts VHS de films de genre et surtout aux JV et aux BD où se nichent de vrai.e.s artisan.ne.s, des gens qui dans l'ombre, peaufinent un œil, une bouche, un quartier, une histoire, en dépit des modes et des chroniques.

Feu Rosebud.

samedi 29 mai 2021

Sauver la culture. En voilà une phrase qu'elle veut rien dire.

Ivre, je renouvelle mon offre, vue l'absence ABSOLUE d'idées sur la culture dans le débat politique, en proposant que chaque candidat travaille avec des créateurs.trices MAIS surtout, LES ÉCOUTE parce que manifestement, personne ne le fait, ne mentez pas !


J'en profite pour dire que sans création, composition, innovation, invention des artistes, il n'y a pas de culture, il n'y a pas de réseaux, il n'y a pas de techniques.

La culture, ce n'est pas un mouvement social décrêté, ce n'est pas des tableaux dans un musée, des gens dans des salles, ce ne sont pas ces vieilles définitions qui cadrent la musique à 3mn10 ou le théâtre à ses 3 unités: ça se saurait, non ?

La culture d'ailleurs, ça ne veut strictement rien dire aujourd'hui.

La culture, c'est devenu un ministère qui gère et qui ne sait rien, qui a repris les codes édictés par d'autres avant lui en reproduisant une mécanique vide, sans âme qui ressemble à celle d'un gardien de phare fissuré.

La culture, elle est faite et décidée par les gens dans un moment qui leur échappe et dont ils n'ont pas idée que C'EST la culture.

Les gens d'ailleurs, n'ont pas à avoir une idée de la culture. 
Ils n'ont pas nécessairement à être cultivé au sens où la doxa sociale l'entend.

Le rap n'est pas arrivé par décision ministériel, le rock non plus, la techno encore moins.
La culture qui les a rendus possibles n'est certainement pas celle qui s'enseigne en tout cas.

Ce que doit faire l'état ou le mécène, c'est donner des lieux, de l'argent et des moyens aux gens prêts à s'investir, à imaginer, à proposer même s'il faut réduire la voilure. Pas à des arts qui fonctionnent désormais comme des corporations et dont la seule fin est de se maintenir confortablement, dans une posture de révolutionnaire de salon parce que le cubi est vide.

Non aux salles spécialisées, non à la danse d'un côté, aux arts plastiques de l'autre, à la musique ailleurs ; non au pré-carré des scènes nationales et leurs thuriféraires bien nourris.

Pourquoi pas un endroit avec des lieux d'échanges, de répétitions, convergeant vers une scène commune ?

Au passage, c'est quoi cet hypocrisie des Beaux Arts qui prétend à la trans-disciplinarité et qui renvoie ses ouailles dans un monde qui n'embauche que des spécialistes ?

Il faut ouvrir les salles, que les générations se retrouvent dans un même lieu, tour à tour, avec des créateurs, des créatrices disponibles pour faire vivre ces lieux, comme des auxiliaires et des révélateurs des endroits où ils travaillent.

Ne vous inquiétez pas, je ne parle pas de stage de macramé, mais de l'autogestion dans le geste artistique.
Des lieux subventionnés ou financés avec une mission : un endroit de partage où le public du jour est sur scène le lendemain, casser le mur entre amateurs et profesionnels. Un bel outil comme on dit, c'est pas fait pour marcher 4 jours sur 7 et seulement le soir.

Ouvrir aux propositions par le collectif et non pas sur décision d'une seule personne au sommet de la pyramide.

vendredi 1 janvier 2021

Mes vœux seront ceux du silence

Pour tout dire, je trouve que nos vœux ont pris un coup de vieux

Pour en dire encore plus, j'ai envie de remiser la plume. 

Je n’ai plus le goût d’écrire là, maintenant, pour vous, pour moi, pour rien.


Nos mots, la babelisation des paroles, le babil permanent des opinions mondiales dont on se torche, me fait renoncer à croire que l’expression verbale soit porteuse d’un espoir quelconque. A chaque fois que quelqu’un s’exprime ici, sur ces réseaux, un chaton meurt quelque part dans l’univers. J’en suis sûr.


Même chez les artistes, je ne lis que phrases toutes faites et réflexions convenues, ou en tout cas, qui ne cherchent pas à faire bouger grand’ chose et pire, qui prétendent s’attacher à une situation de confort bourgeois, derrières les murs des théâtres, des scènes, des claviers d’ordinateurs, des micros, accrochés à un statut social beaucoup plus qu’à l’expression d’œuvres révolutionnaires ou au moins révoltées.

Même les attitudes rebelles de subventionnés culturels semblent tout à fait obsolètes et marquetées tant on passe notre temps à se plaindre, à revendiquer la liberté individuelle, sans dieu, ni maître, sans genre, sans rien… et donc à lobotomiser nos espaces d’échanges afin que plus personne ne puisse plus parler de personne tant qu’on n’a pas pris l’avis de chacun. 

Absurdistan vous dites ? Elle est où l’unité ? Il est où le grand souffle collectif ? 

L’universalité se meurt sous les coups des démagogues et du libéralisme abruti.


Mais foin de l’ambiance un tantinet dépressive de cette fin du monde qui approche à grands pas, je n’ai jamais eu autant envie de dire à travers la musique, je n’ai jamais eu autant foi dans l’inexprimable, et justement, dans le « ce qu’on ne peut pas dire »: c’est-à-dire, l’Art.


Pas la chansonnette à 1 milliard de vue sur YouTube d’un jeune entrepreneur de la musique dont l’indépendance est garantie par Universal, pas le livre d’une gamine portée aux nues par des maisons d’édition gorgées de vieux pédophiles, pas le blockbuster de vieux ricains en fin de vie qui ont gonflé nos désirs de cinéma au XXe siècle, pas de vieilles peintures de musées pénibles à contempler ou d’une énième version de Molière ou du Lac des Cygnes. Non, non et non.

Des chemins nouveaux, des mélodies jeunes et incertaines, des morceaux qui ne cherchent pas à avoir raison, à vendre ou à convaincre, un piano électrique et versatile, dont les mots peinent à définir le chemin, ce qui reste la plus grand garantie de sa liberté.


Vous voyez ? Je me prends d’un coup à espérer, à souhaiter l’anfractuosité vers de nouvelles dimensions, des univers parallèles où enfin la parole n’est plus capable d’emmurer la vivante, le créatif, l’inventeur, la danseuse, la fondatrice, le civilisateur. Là où il n’y a ni style, ni genre, mais la mort et l’amour, tout le reste n’étant que relatif et paradis introuvables.


Je vais vais donc me taire et laisser faire la musique. J’ai écrit trop de bêtises, de mots, parfois même mal orthographiés, avec l’espoir d’un changement, de faire la différence. Las, toutes ces phrases perdues au milieu des vôtres n’ont strictement aucune importance. Le son, l’onde, le crescendo, l’andante, le groove, la cadence, la mélodie… voilà les seuls mots que je me souhaite, que je nous souhaite. 


Taisons nous plus, agissons mieux, aimons tout ce qu’on peut aimer, silencieux et enfin disponibles aux autres, à soi, à la vie. Vite.


mercredi 4 mars 2020

Comme toujours

Le crétinisme en marche,
La mémoire courte,
L'œil rivé sur le portefeuille,
Oublier le rêve, être pragmatique,
Cracher sur les pauvres, prendre du viagra,
Conquérir de nouveaux marchés,
Oublier qu'on les a conquis,
Recommencer jusqu'à épuisement de la planète,
Tripler le montant en milliards,
Avoir 12 hélicoptères,
De la coke dans 10 frigos

mercredi 11 juillet 2018

Un nouveau désespoir

Ce monde croit aux dieux, aux diables, aux puissances invisibles.
Ce monde croit à l’inéluctabilité de la Force telle que définie par Georges Lucas.
Ce monde ne veut surtout pas regarder en face sa propre fin, alors que les miroirs mis en place par les dernières technologies réfléchissent sa bêtise à longueur de journée par l’écran tactile mais intouchable d’un mouvement universel. 
Ce monde non seulement croit à des forces diffuses et cachées, mais il les appelle de ses vœux comme l’échappatoire ultime à ses désirs hédonistes, enfin sans lendemains, pêcheur ou saint suivant la force de ses convictions intimes, aventurier nihiliste aux aspirations bukowskiennes pour les plus courageux. 

Ce monde dont on pense qu’il ne croit plus en rien, est plus que jamais admiratif d’un au-delà qui justifierait enfin sa propre impuissance, son incapacité chronique à répondre aux exigences d’une éthique, fusse son urgence invoquée par l’humanité la plus désespérée. Et s’il ne se tourne pas vers le ciel pour trouver ses dieux, il trouve dans sa propre histoire, en une réflexion empirique, les justifications de son impuissance chronique, miraculeusement désigné par les générations précédentes comme le réceptacle idiot d’un fruit qu’il ne désire que manger.
En commençant par les politiciens, puis les marchés.
Tous ces puissants semblent agir et parler comme s’ils étaient les victimes d’une puissance erratique dont le contrôle leur échapperait. Regardez les donner des noms à des dieux-mots qui les excusent et les déculpabilisent: la dette, la reprise, les lois, les codes… 
Comme si ces derniers n’émanaient pas d’eux.

Il est totalement normal du coup, que les peuples se tournent vers l’irrationnel, les mystiques, le complotisme dans la mesure où ceux qui les dirigent semblent faire de même face aux responsabilités qui leur incombent

jeudi 15 mars 2018

Je parle

Je parle, je parle, je parle parce que tu m'écoutes pas
J'écris aussi, parce que même si tu m'écoutes, tu m'entends pas
Tu t'en tamponnes
Je parle parce que j'ose pas te dire, je veux pas te montrer
Je te hais parce que tu m'aimes pas, je t'aime pas parce que tu hais, pas pour ce que tu es
Tu écris, tu parles, tu craches, tu hurles, tu insultes et moi je fais pareil,
Comme un con, comme une locomotive dégueulasse qui fonce sans crier gare
Parce qu'on se voit pas, parce que t'es con toi aussi
Alors tu craches, tu hurles, tu gueules ce que tu crois que t'es
mais ce qui est vrai, tu le caches, tu l'enfouis dans ton ventre, dans la terre
C'est pour ça que je parle, je parle mais t'es sourd comme un moi sans oreilles
Mais tu sais quoi, je vais arrêter,
Ce champ de bataille rempli de fiel
Où les ennemis rappliquent, et d'autres arrivent encore
Ils parlent, ils parlent, ils parlent parce qu'on les écoute pas
Personne ne les écoute, leur voisin, le monde, leur famille
Ils sont seuls alors ils hurlent, ils insultent, commes des cons
Ils tueraient pour que tu les vois, ils tueraient pour être les seuls
Alors que c'est eux les voisins,
c'est eux le monde,
c'est eux la famile
Quand c'est qu'on dit nous ?
Me fais pas rire
Alors je parle, je parle parce que tu viens toujours pas,
Je parle parce que t'as jamais été là
Je me parle en fait
Je t'écrase et je me rassure
Parce que si t'es pas là au moins,
J'ai mes excuses, ma raison
C'est moi qui ai raison
Tu m'entends ? Eh, je te parle !!
C'est moi qui ai raison,
Moi.




(On a même pas le courage de se taper dessus,
Quand on s'insulte, on se protège
Tu t'indignes de quoi pauvre petite chair ?
T'as quoi à me dire !?
Toutes tes colères qui suintent dans des sièges Ikea
ces doigts fébriles qui hurlent leur besoin d'exister
Cette envie d'avoir raison qui dégouline dans des fils électriques
t'en fais quoi quand t'as tout éteint, ta conscience, ta confiance?)



samedi 24 février 2018

L'eau séant


Ecrire contre la nausée. 
Ecrire contre la chaleur. 
Contre l'étouffement. 
Laisser les mots comme autant de gouttes de sueur 
suinter par les pores de l'inspiration, 
au rythme de notre respiration haletante. 

T'es tu déjà imaginé comme une gigantesque planète océan, 
dont notre conscience au moment présent, 
serait la surface où ressurgissent, venus de fonds abyssaux, 
les souvenirs et les pensées enfouis par ce temps qui passe 
dont les flots s'agitent au gré de nos choix et de nos décisions, 
et figurant dans sa perfectible rondeur apparente, 
notre vie émouvante ? 

La vois-tu cette planète sans noyau, 
sans limite, 
dont chaque nouvel instant est une vague naissante recouvrant les précédentes, 
sans qu'on puisse jamais distinguer dans la fulgurance de son mouvement, 
ce qu'elle doit au passé et ce qu'elle appelle du futur ? 

Voilà une pensée rafraîchissante. 
Une pensée d'été 
et d'avoir été.

samedi 7 mai 2016

Fascisme et horreurs ordinaires

Plus on donne de la visibilité aux pauvres, plus on rend leur abandon criant, et plus la culpabilité et la peur de devenir comme eux rend le français moyen totalement con. Alors, il devient violent avec ce qui'il ne veut pas devenir. Alors l'image de lui-même qu'il lui est tendue devient tellement insupportable, qu'il frappe sur son propre reflet, avec d'autant plus de hargne que lui aussi se sent abandonné. Et c'est un miroir dans le miroir qui n'en finit pas, une mise en abyme qui va au plus haut sommet des hiérarchies de ce monde. La peur de la chute, la peur d'être snipé sur son perchoir alors qu'on y tient à peine en équilibre. Le grand remplacement par les fachos a commencé.C'est ce que provoque généralement la colère abrutissante des peuples impuissants.Mais ne vous inquiétez pas, leur appel au fascisme sera bientôt entendu.T'inquiète, petit bonhomme méprisable, tu l'auras ton ère des petits pères du peuple.Ils vont s'occuper de toi et de ta famille. Ils sont cons mais pas sourds. Et tes descendants auront des cheveux bien peignés. Tu l'auras ton grand remplacement. 
Peut-être pas comme tu crois.

mercredi 16 mars 2016

LE FILS DE VIVIENNE WESTWOOD VA BRÛLER SA COLLECTION DE PHOTOS PUNK ESTIMÉE À 5 MILLIONS DE LIVRES

(lien de l'article à la fin de ce texte)

Je suis pas punk. J'entends d'ici mes amis s'étouffer de rire.
C'est juste ce que ça dit de nous, de notre société qui se regarde tout les 5GB/s dans le miroir en se mettant des doigts dans tous les écrans. 
En fait, je trouve ça génial, de rien laisser, de ne rien mémoriser et de ne rien donner de soi aux générations d'après.
Démerdez-vous, créez vos propres clichés, enculez qui vous voudrez et surtout allez vous faire foutre avec vos reproches et vos psychanalyses parce que papa et maman vous ont dit non alors qu'ils bouffaient tout le pot de confitures en jetant des tonnes de déchets dans la nature.
Vous n'auriez pas fait mieux, ni différemment, vous avez juste désormais la chance de ne pas avoir le choix: le monde court à sa perte.
Ce que vous pouvez faire par contre, c'est reprendre le flambeau et courir avec gloire, avec fierté, vers la fin de ce monde, dont l'humanité fuit par tous les pores dilatés de sa pensée malade, de ces utopies qui ne trouvent plus de corps pour les abriter. Et à toutes berzingues encore.
Ne vous y trompez pas, c'est ça aimer la jeunesse et lui donner sa chance.
Croire qu'elle est capable par elle-même de générer ses propres cris, ses propres révoltes ou pas, de continuer sans ciller l'incroyable dégénerescence d'une vie qui se croyait supérieure. 
Direction: l'absolu nihilisme, seul programme crédible pour bâtir un simulacre de renouveau. 
Fin de le décadence, déliquescence des corps et des mœurs pour enfin remonter et recommencer le cycle infernal contre les crétins et leur morale familiale qui inévitablement, enverront des bombes à ceux qui ne veulent pas de leurs espoirs. L'espoir du côté des puissants, n’est qu’un fascisme.
Comme il a raison de tout vouloir casser, de tout vouloir brûler ce mec que je ne connais pas. J'espère qu'il va arriver à en détruire le plus possible avant qu'un golmon n'essaie de tout scanner et de tout rediffuser, ce qui doit être déjà le cas. 
Ne plus rien enregistrer, ne plus rien sauvegarder en-dehors de notre seul périphérique physique. 
Rien en dehors de nous, bordel !
Pourquoi ?
Parce que notre cerveau explose sous le flux permanent de ces vies qui ne sont pas les nôtres, parce que de nos yeux coulent le sang de gens que nous ne connaissons pas, d'expériences que nous n'avons pas vécues, parce que nous croyons toucher des corps que nous n'avons pas croisés, vu des paysages que nous n'avons pas traversés. Il faudrait un gigantesque autodafé, ne rien transmettre, se taire et laisser enfin une table rase aux générations futures.
Je ne suis pas punk, mais putain, qu’est ce que ce serait beau le no future, une humanité 2.0.
Quoi ?

jeudi 28 janvier 2016

2017: Taubira ? Ira pas ?


C'est pas pour la ramener, mais j'adore ce pays où pas un n'ouvre un journal pour lire ce que font ou pas les ministres, mais est tout à fait capable de hurler sa haine, son aigreur, son ignorance, et soyons cash, sa connerie, au passage d'une ministre démissionnaire.


Moi je m'en fous un peu de Taubira je te dirais. L'histoire montrera si oui ou ou non, elle a été une bonne fonctionnaire en tant que ministre.


D'ailleurs, l'idolâtre de Taubira m'exaspère à peu près autant que le droitard aboyant sur son passage.


Ouais, ouais, les grandes déclarations, les phrases humanistes, ça a toujours bien fait tripper le PS qui n'en a manifestement rien à foutre concrètement, mais dont les ouailles, et ce depuis Mitterrand, passent leur temps à se frotter contre tout ce qui est formule littéraire et autre emportement amphigourique avec le pathétisme et le ridicule du chien contre une jambe.

Mais je m'emporte. Pas plus mal, merci.


Ceux qui vénèrent Taubira le font, j'imagine, pour les mêmes raisons qui me donnent envie de la voir candidater en 2017:

- donner une épidémie d'ulcères aux rangs de la droite

- voir la manif pour tous organiser des suicides collectifs

- la voir présenter ses vœux présidentiels en imaginant un électeur du FN devant son poste 

- et puis merde, oui, avoir une femme Président, noire, aux vues me semblant légèrement au-dessus de la mêlée.


Soyons honnêtes: vu son côté épouvantail auprès de la gente teubé de notre beau pays, le ratio FN/PS au second tour risquerait de basculer du côté obscur.

C'est pourquoi je suis pour la fin immédiate de l'idolâtrie Taubira et le début d'une réflexion au PS pour en faire une super candidate. Ouais, c'est pas gagné, mais c'est pas plus con que de croire qu'on n'est jamais allé sur la lune.

mardi 8 décembre 2015

L'invasion

J'ai des poux.
Est ce que ça va me laver la tête si j'écris ?
J'ai des poux. Des petits trucs qui te vous sucent le sang à même la peau. Ils n'ont rien de méchant, c'est juste leur boulot. On ne dit d'ailleurs pas "ils te démangent", on dit "ça te démange" tellement qu'ils ne sont pas responsables de leurs actes. Ils sont délocutés comme disait mon prof' de philo. Quand je pense que si on écoutait les amis de la nature, faudrait pas les tuer ces sales bêtes, mais juste essayer de les apprivoiser, de les nourrir gentillement, d'en faire peut-être des amis ou des confidents.
J'ai des poux, de plus en plus nombreux, de plus en plus affamés, à un point qu'ils me font dire des bêtises, et que je sens qu'un jour, je vais vraiment m'énerver. Eux, ils n'ont pas vraiment de raisons d'être là, ni de haine, c'est juste qu'ils sont comme ils sont. Ils n'ont pas demandé à arriver dans ces forêts capillaires où ne voit bien que celui qui est le plus haut. C'est certainement la faute à ceux qui les portent. Ils sont comme une charge inutile dans un monde qui n'a pas besoin d'eux. Alors ils n'ont plus qu'à être eux-mêmes, des sales bêtes affamées, moches en plus de tout, qui ne vivront pas longtemps même si on les laisse, acharnées jusqu'à leur mort à leur basse besogne: celle de me gratter la tête, de me faire dire des bêtises, d'avoir la haine contre eux alors qu'il sont juste des poux, de pauvres cafards minuscules, et rien d'autres.
Mais qu'arriverait il si je finissais par les aimer, les adopter, les laisser par milliers, pousser au milieu des mèches ? Si je finissais par les filer à ma famille, mes amis, ma ville ? Si je finissais par lâcher toute cette haine sourde dont, moi aussi, je pourrais expliquer enfin, que je n'ai pas d'autre choix que de la laisser proliférer ? Je fais quoi avec ces sales bêtes, ces immondes reflets déformés d'un moi bientôt exsangue ?
Alors oui, je pourrais aussi ne rien faire, devenir comme eux, m'acharner à vivre au jour le jour, à me nourrir, à exister, sans questions, à profiter pleinement du sang de l'autre jusqu'à ce qu'épuisé, il se transforme en moi.
Et qu'on soit tous avec la tête qui gratte, des poux mangés par des poux. Démangés par la peur de ne pas manger.

dimanche 11 octobre 2015

Dimanche après le rhum

On en a marre de dire l'évidence, alors on s'enferme dans l'abscons, le quant-à-soi et les mystères sibyllins. On en a marre de s'indigner et que rien ne se passe à part le temps. On en a marre des mots qui ne font rien qu'à narguer notre impuissance à les rendre réels.

Alors on va à la brocante, des fois que le passé ne nous saute à la gueule et nous oblige à aller de l'avant, ou ne nous fige définitivement dans ce sourire crispé d'enfant qui ne sera jamais plus.

Le problème c'est qu'on n'est pas là, mais qu'on est sûr d'avoir été là-bas et que là-bas n'est plus ici. Le passé ne nous habite même pas et il lui faut des totems, des bouts d'écharpes, des haleines de réveil.
Je ne suis pas sûr qu'on puisse échapper au présent, mais les efforts que l'on fait pour s'y soustraire sont prodigieux et si épuisants que tout cela ne peut être que mortel.

Trouver l'infini dans l'instant, voilà le vrai défi.

samedi 5 septembre 2015

L'émotion de censure

Dans ce pays, toute émotion est suspecte et déclenche l'ire du réac qui sait, lui, quand il faut s'émouvoir, quand il faut pleurer ou pas, dans des post où sa haine de l'autre peut enfin pleinement s'exprimer.

Mais si, vous le connaissez, lisez le, vous verrez: rien n'est jamais de sa faute, ni de sa responsabilté, c'est toujours de la faute du gouvernant, de la politique, des journalistes, des gauchistes, cette lie qui en veut à sa propriété, qui salit ses rues de manifs, qui vit sur le cul des ses impôts.

Mais si vous le connaissez, c'est celui qui rappelle tout le temps qu'il a déjà donné, que les pauvres d'en bas de chez lui sont prioritaires
(à savoir que lui s'est déjà occupé de tout ça, qu'il est super avec les gens qu'il aime et qu'il est irréprochable)

Mais qui rappellera également qu'il faut pas trop pousser avec le RSA
(à savoir que lui en profitera peut-être un jour comme les autres et que s'il y a moyen de magouiller, il le fera parce que "eh, les autres le font bien ")

Mais si, vous le connaissez, lisez le celui qui ne propose jamais rien hormis frapper les délinquants ou faire couler les bateaux, alors que sa vie est à l'abri, que l'hôpital et l'éducation lui sont fournis, lui qui n'a jamais eu à se battre pour obtenir la moindre liberté et encore moins pour ce pays "qu'on attaque", qui coule des jours à l'abri comme du cholesterol dans les artères et surtout, celui qui finalement fait peser lourdement une chape de plomb sur le moral de ses concitoyens. Ne le cherchez pas que dans les votes extrêmes et regardez aussi s'il ne sommeille pas en vous.

Mais si, vous le connaissez, lisez le celui qui regarde les riches avec envie et qui crache sur les chômeurs, crache sur les people et les bourgeois mais voudrait en être, celui qui déblatère son avis sur des guerres qu'il ne comprend pas, celui qui par la magie de son ignorance mène le monde à la baguette.

Ce qu'il y a de bien dans son cas, c'est que d'être con, ça ne se voit pas, ça ne se sent pas et ça ne nécessite pas de venir de tel ou tel milieu.

C'est pas comme un migrant qu'on voit arriver de loin,
C'est pas comme un handicapé en fauteuil roulant,
C'est pas comme un camerounais ou un indonésien,
un algérien ou un esquimau,
C'est pas comme un SDF au visage marqué par la crasse,
C'est pas comme un enfant mort jeté sur le rivage,

Alors je suggère à à la communauté scientifique de trouver rapidement un moyen de les reconnaître,

ces cons,
ces fafs,
ces réacs,
ces haineux

et je suggère qu'on trouve, rapidement, un produit pour que leurs humeurs leur donnent un joli teint jaunâtre ou verdâtre,
qu'on puisse les reconnaître dans la rue,
qu'on puisse leur faire subir la traque dont ils rêvent pour les autres et puis qu'on les capture,
qu'on les mette sur ces bateaux sans fond sur lesquels eux-même voulaient voir les réfugiés
et qu'on les coule en les donnant à bouffer au passage aux requins, parce que je vais te dire,
moi, je l'attends avec impatience,
le grand remplacement de cette engeance.

mardi 16 juin 2015

Michael

Rien ne lui revenait. Aucun souvenir alors que tout était si familier. Combien de temps s'était-il passé ? Une heure ? 15 jours ? Une année ? Il ne se rappelait même pas s'être changé ou avoir enfilé ce costume gris cobalt un peu rigide, ni ces chaussures léopard invraisemblables.
Pour le reste, tout était comme d'habitude: de son lit par la baie vitrée, il voyait le ciel, son bleu acide et le soleil si sûr de lui, la ville gigantesque aux formes troublées par la chaleur. Il entendait aussi ses enfants dans leurs chambres, l'un sur sa console, l'autre au téléphone, et sa femme qui prenait une douche - sa femme, comment s'appelle-t-elle déjà ?
Et puis voilà que ça le reprend, la bougeotte, cette foutue bougeotte qui le pousse à se lever pour descendre les escaliers quatre à quatre et sortir de cette grande maison qu'il ne se rappelle même pas avoir achetée. Comment dit la chanson déjà ? Ah oui, "And you may ask yourself . Well...How did I get here?"
De qui est-ce ? Il sait que ça passe sur cette radio qui n'arrête pas de changer mais impossible de se souvenir du nom du groupe. Et le voilà dans la rue, parfois marchant, parfois courant, traversant sans regarder si une voiture arrive. Où va t-il ?
Ses pas l'emportent comme s'il le savait. Il aimerait s'arrêter mais c'est plus fort que lui, il est un bandit, un escroc. Et oui, c'est ça ! Il a un truc à régler, il a besoin d'une voiture, peut-être doit-il trouver celui qui lui a troué la mémoire. Il s'approche d'une Porsche Cayenne, sa préférée, ouvre la portière, tire le conducteur par le col, lui met un direct dans l'estomac, le laisse par terre et file dans le véhicule. A peine démarré, des bagnoles de flics retentissent au loin comme si ces salopards étaient déjà au courant. Il tourne brutalement le volant et le voilà qui roule sur un trottoir pour couper court vers un boulevard. Des corps passent de part et d'autres de son chemin, après avoir rebondi sur le pare choc du 4X4. Ça ne lui fait ni chaud ni froid et il se demande bien pourquoi, mais pas le temps de réfléchir. Faut foncer. Le GPS ! Le GPS ! Oui, ça y est, il sait où il doit aller: l'initiale de son contact vient d'apparaître en haut à droite de l'écran. Mais il faut semer les flics d'abord alors qu'un hélicoptère l'a pris en chasse. Et d'où sort-il celui là ? Le voilà au volant d'une voiture volée et en l'espace de 30 secondes, toute la villle est au courant ?? C'est quoi ce bordel !? Il fonce à travers les rues, klaxonne tant les autres conducteurs semblent faire semblant de ne pas le voir. Il cogne une puis deux puis trois voitures, rentre dans un camion. C'est un prodige qu'il ne soit ni mort, ni blessé et que la Porsche roule encore. On ne peut pas en dire autant des piétons qui tombent comme des mouches. Tiens, en parlant de mouches, les flics lui filent toujours le train et ne semblent guère emmerdés de rouler sur les jantes. Fonçant maintenant sur l'autoroute, il se retourne de temps en temps pour mitrailler ses poursuivants. Fatale, sa technique le rive dans le cul d'un semi-remorque alors qu'il roule à 145 mph. Un peu sonné - comment ça qu'"un peu sonné" ? - il sort de la voiture en flamme avec un fusil d'assaut - mais quid de la mitraillette ? - et court se réfugier dans les dédales de la ville - c'est quoi son nom à cette putain de ville ? Il bouscule les gens, grimpe sur une échelle, il court, il va trop vite, il ne voit pas le bord de l'immeuble, il tombe et….
- "Putain, j'allais avoir les 6 étoiles de recherche" hurla Quentin !
- "Laisse tomber" rigole Arthur "contre moi à GTA V, tu peux pas test ! File moi cette manette !"
Rien ne lui revenait.

lundi 15 juin 2015

Un accident au milieu de Times Square

Il avait décidé ça pendant la nuit, comme dans un demi-sommeil ou plutôt une demi-insomnie, et s'était levé heureux, avec la sensation d'enfin remonter le submergeant torrent de mauvaises nouvelles qu'il ne laisserait plus jamais l'engloutir.
Oui, ç'en était fini de la littérature, des fils d'informations et de toutes ses envies de savoir ce qui se passe autour de lui, que ce soit par les livres ou par wifi.
Il voulait être enfin libre des chaînes du savoir: connaître était devenu trop déprimant et les vérités trop aveuglantes pour pouvoir jouir correctement du moment présent.
Sur les réseaux sociaux, la transparence supposée d'un flux dégoulinant de textes mal écrits et sans analyse réelle, avait fini de le persuader d'abandonner tout effort d'en apprendre plus.
Désormais, même la jouissance qu'il avait à dévorer ses auteurs préférés, à fréquenter les musées, les théâtres, les expositions, était érodée par le peu d'enthousiasme que montrait ses contemporains à l'envie d'échanger, par leur manque de curiosité, eux-mêmes déprimés par une existence où leur impuissance à gérer leur destin semblait de plus en plus patente.
Plusieurs fois déjà il avait pensé arrêter, suite à des soirées où son éloquence, sa gourmandise de mots avaient été stoppées net par le regard dubitatif de convives incrédules ou des attitudes de défiance à l'écoute de ses phrases trop longues. Il regrettait d'ailleurs que ce désir permanent qui vivait en lui, d'user de ses nouvelles connaissances, de tester des pensées fraîchement comprises et assimilées, soit pris pour de l'arrogance.
Il ne pensait pourtant pas être plus intelligent que les autres mais il avait rapidement accepté que la soif de lire, cette passion de découvrir d'autres pensées, et tout simplement, le monde de l'autre, n'était pas ou plus du tout enfouie dans les priorités de tout un chacun.
Les effets se firent rapidement sentir.
Après une première phase, assez difficile, qu'il qualifiât lui-même de "désintoxication", il alla brûler tous ses livres, cessa de fréquenter les salles de concerts et se résigna à sortir ailleurs qu'à la salle de repos ou lors des grands rassemblements.
Puis il s'aperçut non sans amusement, qu'il prenait de nouveau goût à son travail pénible et répétitif, enfin soulagé de toutes ces pensées, ces réflexions inutiles sur le sens de la marche, le pourquoi du comment du lever et du coucher de soleil qui n'intéressait personne autour de lui.
Il se sentait enfin libéré de ces utopies que de trop beaux textes lui avaient mises dans la tête et dans le cœur.
"Cœur ? Quel drôle de mot !" pensa-t-il.
Puis ce fut dans le regard de ses chefs qu'il vit quelque chose changer: le fait qu'il soit d'accord avec eux, que plus rien ne vienne contester leur autorité dans ce regard autrefois trop renseigné, les avait rapprochés. La devise "Chacun pour soi et Tous pour le boss" lui semblait même prendre défintivement sens. Il se surprit même à réutiliser ses antennes pour échanger avec les autres.
Enfin, il ne perçut plus comme supportable une autre forme de pensée que celle de sa petite société, et ne trouva plus souhaitable que des cultures différentes viennent y foutre le souk.
Ironiquement, ce que H-238 ne put jamais saisir dans cette infinitésimale fraction de temps que la vie lui avait accordée, c'est qu'en se résignant ainsi, il avait refusé à lui-même et à ses semblables, la place de première fourmilière de l'Univers à abriter la conscience.
Et quelques jours plus tard, aucune parole ne sortit de lui lorsque le pied d'un enfant vint écraser ces milliers d'années d'évolution qui au final, n'étaient qu'un accident au milieu de Times Square.
(à Werber et clin d'œil à Xavier Bray)

vendredi 6 février 2015

Dédicacé à toi le musicien, qui pense que le monde est contre toi. Parfois à juste titre.

J'entends souvent des gens de la scène grenobloise se plaindre de ne jamais être programmés ou accompagnés par des structures locales.

En même temps, j'ai envie de leur dire, si être programmé ou aidé à Grenoble avait promis quiconque à un grand avenir, ça se saurait.

Il faut bien comprendre que dans le cadre de la programmation culturelle, saint des saints de la réussite intellectuelle, récompense d'un parcours dû à l'intégrité esthétique sans faille de celui qui s'en occupe, on se construit dans une confiance immense en ses propres sens et la méfiance, voir le rejet, de tout ce qui ne semble pas venir de soi.

Sachez-le: à l'instar du boucher, mon programmateur est un artiste.

Qu'il soit issu du sérail subventionné, petit bras du privé, chef d'un festival ou self made programmateur, il n'est pas question pour lui de se laisser envahir par la cohorte de sous-merdes locales prétendant au trône, non plus de la notoriété, mais de l'aide structurelle ou du coup de pouce épisodique. Non. On a déjà assez à faire avec ceux qu'on vous présente, les projets de ceux qui travaillent avec vous, et les copains qui frappent à la porte pour ne pas en plus de ça, se fader un groupe de chanson, d'électro ou de pop, aussi motivé soit-il.
Et si parfois, on daigne ouvrir la porte à ces pauvres ignares sans talent, c'est qu'on les a croisés moultes fois à sniffer la même poutrasse pas vraiment pure, dans le carré VIP du festival du coin où flotte l'espoir un peu rance que les cougars rejetées de la loge de Pete Doherty se rabattent sur le petit personnel.

Le programmateur aujourd'hui, c'est un peu le David Guetta de la culture.

Non content de partager avec ses amis artistes un goût immodéré pour l'estime de soi et la chaussette trouée, il faut lui reconnaître d'avoir su catalyser ces dernières années, cette aura mystique et esthétique de la hype dont les jeunes ploucs locaux feraient bien de s'inspirer dans la nécessité de leur propre édification, même s'ils ne savent pas vraiment comment s'orthographie et ce que signifie ce dernier concept.
D'ailleurs, n'a-t-il pas la bonté de montrer la voie, lorsqu'avec l'humilité qu'on lui connaît, il fait partager ses propres expériences artistiques sur les réseaux sociaux ou son goût sûr pour les vieux vinyls ?

Mais attention de ne pas faire du programmateur un trublion voué entièrement aux délires peoplesques dans lesquels pourraient l'emmener les artistes quand ils commandent de la drogue à 3h du matin !
Le programmateur a une limite: la main qui le nourrit, à laquelle il voue une dévotion sans égale, mais pas trop quand même, parce que parfois politiquement, ça peut changer.
Normalement, vue l'anémie d'ambition culturelle à droite, rester à gauche est signe de sage conduite.

N'oublie pas également, cher artiste frustré, qu'il n'est pas simple de rendre des comptes sur un budget, et qu'un euro étant plus que jamais un euro, on ne peut pas non plus t'expliquer à chaque fois tout le cheminement qui fait que le talent d'un artiste grandit au fur et à mesure de la distance qui le sépare du lieu de programmation.
Oui, c'est un peu difficile à comprendre mais ne t'inquiète pas, c'est logique.
- Ah bon ?
- Oui.

Bref, non contente d'avoir sauvé un paquet d'ados timides de leur DEUG de socio et d'un avenir morose dans des bleds improbables, la belle profession de programmateur qu'on décrit trop souvent avec mauvaise foi - ben oui, tu râles parce que tu n'y es pas, c'est tout - a encore un avenir tout tracé, pour peu qu'on lui donne un salaire et l'espoir de nuits beaucoup plus belles que ses jours.


mercredi 24 septembre 2014

J'aime le mauvais temps

Protégés par la pluie,
Protégés par le vent
Qui ont éteint le ciel
Pendant que tu sommeilles
Je goûte le silence

Je travaille doucement
Pour ne pas te réveiller
J'allume la lumière
Alors qu'il doit faire jour

Il n'y a rien à faire
En-dehors de chez nous

On est si bien ici

Le bruit est étouffé
La ville enfin se tait
Il n'y aura pas de parc
Il n'y aura pas de courses

Le monde se tait enfin
On est bien, Leia, hein ?
On est bien.

Chut.

lundi 14 juillet 2014

Faites Nattes ! Y a Naou !

Je n'ai rien à apprendre de gens qui se font la guerre, ni de leçon de morale à recevoir de leur part, et s'ils veulent continuer, qu'ils ne s'en prennent qu'à eux-mêmes et ne demandent pas au monde de s'en mêler, surtout s'il s'agit de s'appuyer sur des textes écrits par des inconnus, remplis de lois obsolètes, de religions cœrcitives et de règles de vie aussi mal interprétées que mal vécues.

Vive la liberté et le temps où les nations éjecteront de leurs fauteuils, ces dirigeants "auxquels ils élèvent des statues et qui pour les remercier, leur construisent des cimetières"*

(In "Je devais sauver le monde, mais pas aujourd'hui, y a feu d'artifice")

*plus ou moins du Pierre-Emmanuel Barré



vendredi 11 juillet 2014

5 apparitions de pianistes sur mon clavier

le pianiste de scène (genre: rock)
Il se distingue de son homonyme "variété" par un investissement sincère dans son instrument si on se fie à cette énergie folle que met son bassin à bouger aux quatre points cardinaux alors que ses doigts jouent les 3 notes du riff (avec la main droite seule)
Il finit assez souvent chanteur, frustré qu'il est de ne pouvoir sauter dans le public, le slam en back flip avec orgue Hammond ou Rhodes 73 n'ayant toujours pas été homologué comme "sans danger" par la commission des "trucs à la con" du rock.
Souvent ex-bon élève de conservatoire, ce talent qui lui permettait de choper au lycée lui est devenu inutile, caché dans l'ombre de ses acolytes en front, dont il partage rarement la fantaisie vestimentaire. Et pour cause: ça ne sert à rien quand on est derrière.


le pianiste m'as-tu-vu (genre: jazz)
Il compense généralement un vide émotionnel par un savoir faire encyclopédique du plan qui tue. Usain Bolt du piano, un sourire ne vient illuminer son visage que lorsqu'il a réussi à couvrir l'ensemble des 88 touches de son piano en moins de 5/100ème. Confit d'avis définitifs sur ses acolytes, toujours des "tocards", il n'accepte de jouer avec eux que pour des cachets dérisoires devant un auditoire éparse, mou MAIS mélomane. Assez péniblement accoutré de chemises trop longues, noires OU bariolées, il est le représentant couru d'un genre qui n'a pas besoin de lui.

le pianiste geek (genre: expérimental)
historien de notre belle discipline, sa connaissance pléthorique des claviers le voue à l'adoration des dieux Moog, Prophet ou Jupiter. Assez chiant en société, ce comparse idéal au travail se montre plutôt bon arrangeur dès lors qu'on sait apprécier les morceaux où le chant est noyé dans des sons tonitruants et disons-le, à la limite du supportable. Compensant son éventuelle déficience en solfège par une exigence du son sans faille, il est l'ennemi des nounous des autres musiciens, prolongeant les répétitions tard dans la nuit, jusqu'à la trouvaille de l'anti accord absolu.

le pianiste j'm'en pète les couilles (genre: tous)
catégorie non spécifique à notre discipline, il est remarquable en ceci qu'il ne se divise qu'en deux catégories: le mec qui fait bien tout de suite et fait illusion dans sa fumisterie, celui qui fait de la merde et s'illustre du coup, par une mauvaise foi hallucinante lorsqu'on lui reproche son manque d'investissement. Dans tous les cas, son imperturbable jemenfoutisme, sorte d'aigreur dû à une non-reconnaissance de son prétendu talent, le condamne lentement mais sûrement, à sortir du circuit pour monter un studio où il pourra enfin composer pour sa femme. Si elle reste.

le pianiste d'orchestre (genre: variété): a généralement commencé très tôt comme enfant de la balle, ou très tard comme seule issue de secours à sa non-carrière. Sa caractéristique première est de se foutre des sons qui sortent de ses machines comme de son premier klaxon. Capable de jouer du Daft Punk avec un son d'orgue Farfisa ou un solo de trompette avec un clavier d'enfant acheté à Toustock, son manque d'oreille force le respect et notamment celui de ses comparses, généralement là surtout pour la cachet. Jamais le dernier au buffet, il finit sa carrière en ne jouant plus que de la main droite, les machines faisant le reste. Il connaîtra son heure de gloire en accompagnant d'obscures ex-choristes de Michel Sardou ou de Jeanne Mas qui impressionnées par son talent et la ménopause, se laisseront palper le popotin dans les toilettes toutes aussi obscures de casinos oubliés. 


vendredi 13 juin 2014

On dit, Un homme, Des abrutis

J'AIMERAIS VRAIMENT qu'on interdise à certains politiciens et journalistes- présentateurs de télé, l'usage de l'article défini au pluriel: "les"

Pour mieux comprendre où je veux en venir, prenez un syntagme aussi simple que: "LES français"

Essayez maintenant d'imaginer ce à quoi ressemble la nébuleuse interprétation de l'ensemble d'individus contenue dans "LES français":

quand c'est Le Pen qui le dit...

quand c'est Copé qui le dit..

quand c'est Fabius qui le dit...

quand c'est Cahuzac qui le dit...

quand un pseudo-journaliste de BFM le dit..

quand un pseudo-journaliste de Canal le dit...

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi  il est assez clair que d'un coup de baguette magique, l'intention de ce "les" - pauvre, sinistre - est de faire comprendre, sans rien dire, à l'auditoire idoine, tout un ensemble de clichés, d'idées convenues attenant à ce groupe ainsi (pré)déterminé, soit pour qu'il se sente inclus dans cette masse informe (oui, je suis de ces français) ou exclu (non, je ne suis pas de ces français)

Et maintenant, faites un essai, et prononcez les syntagmes suivant, en vous focalisant sur l'ensemble de clichés que vous véhiculez lorsque vous utilisez ce "LES"

"les cheminots"

"les femmes"

"les homosexuels"

"les chinois"

"les gens de gauche"

"les gens de droite"

"les juifs"

"les palestiniens"

"les footeux"

J'enfonce le clou.
Dans le dico du net, on trouve la définition de "les" et son usage:

1) Une chose ou un être déjà identifié.
2) Une chose ou un être facilement identifiable.
3) Une catégorie générale d’êtres ou de choses.

Je crois que la leçon est assez claire. Cet article est un ennemi de la connaissance présupposant une identification acquise de celui qu'on définit.

Quant un institut de sondage (j'avais envie de rajouter "de mes couilles" mais je trouvais ça vulgaire), vous dit:
"54% des français pensent que..", vous êtes bien conscients qu'ils parlent de 1000 anonymes triés on ne sait comment pour satisfaire le commanditaire du sondage ? Vous en êtes conscients, hein ?
Dites moi oui.

Enfin, voici un petit test marrant pour faire taire l'abruti dans une assemblée (ou celui qui est en nous, ça marche aussi)

La prochaine fois qu'une personne vous parlera en vous donnant du "les arabes", "les roms", "les profs", "les commerçants", "les professions libérales", "les journalistes", arrêtez-la dans sa course folle à l'ignorance et demandez-lui ce qu'elle entend par ce syntagme.

Vous verrez son discours se désagréger, essayant tant bien que mal de rassembler des informations diffuses et invérifiables, afin de justifier ce qu'elle imagine penser, dans le salmigondis inculte de son envie d'avoir raison.

Allez, premier exercice du jour: LES INTERMITTENTS