mardi 19 mai 2026

Feu Rosebud

Étrangement en désamour du cinéma, un vieil art qui a fini, comme nous autres, par confondre progressisme et technologie, esprit d'ouverture et industrialisation. Comme les baskets et les 3 bandes portés par de petits blancs médiocres qui pensent faire tierquar, l'art cinématographique est aujourd'hui porté par une minorité affalée sur des couches successives de visions moyennes et molles du genou qui ont effacé les vrai.e.s pionnier.e.s.


Suis désolé mais l'art et le progressisme ne naissent que dans les minorités, dans la vision très particularisée de celle ou celui qui innove, non pas qu'en technologie, mais par l'endroit où son œil, son oreille, bref, ses sens et sa réflexion se posent et scrutent le réel. Et là, toutes les visions partent d'un téléviseur branché sur Netflix comme les appétits de restaurants fastfood, que ce soit poulet ou hamburger.

Quand je vois toutes ces figures vaniteuses, ridicules et prétendument iconiques qui frétillent du boule devant les caméras par peine d'exister dans la vraie vie, je préfère retourner à mes goûts VHS de films de genre et surtout aux JV et aux BD où se nichent de vrai.e.s artisan.ne.s, des gens qui dans l'ombre, peaufinent un œil, une bouche, un quartier, une histoire, en dépit des modes et des chroniques.

Feu Rosebud.

samedi 29 mai 2021

Sauver la culture. En voilà une phrase qu'elle veut rien dire.

Ivre, je renouvelle mon offre, vue l'absence ABSOLUE d'idées sur la culture dans le débat politique, en proposant que chaque candidat travaille avec des créateurs.trices MAIS surtout, LES ÉCOUTE parce que manifestement, personne ne le fait, ne mentez pas !


J'en profite pour dire que sans création, composition, innovation, invention des artistes, il n'y a pas de culture, il n'y a pas de réseaux, il n'y a pas de techniques.

La culture, ce n'est pas un mouvement social décrêté, ce n'est pas des tableaux dans un musée, des gens dans des salles, ce ne sont pas ces vieilles définitions qui cadrent la musique à 3mn10 ou le théâtre à ses 3 unités: ça se saurait, non ?

La culture d'ailleurs, ça ne veut strictement rien dire aujourd'hui.

La culture, c'est devenu un ministère qui gère et qui ne sait rien, qui a repris les codes édictés par d'autres avant lui en reproduisant une mécanique vide, sans âme qui ressemble à celle d'un gardien de phare fissuré.

La culture, elle est faite et décidée par les gens dans un moment qui leur échappe et dont ils n'ont pas idée que C'EST la culture.

Les gens d'ailleurs, n'ont pas à avoir une idée de la culture. 
Ils n'ont pas nécessairement à être cultivé au sens où la doxa sociale l'entend.

Le rap n'est pas arrivé par décision ministériel, le rock non plus, la techno encore moins.
La culture qui les a rendus possibles n'est certainement pas celle qui s'enseigne en tout cas.

Ce que doit faire l'état ou le mécène, c'est donner des lieux, de l'argent et des moyens aux gens prêts à s'investir, à imaginer, à proposer même s'il faut réduire la voilure. Pas à des arts qui fonctionnent désormais comme des corporations et dont la seule fin est de se maintenir confortablement, dans une posture de révolutionnaire de salon parce que le cubi est vide.

Non aux salles spécialisées, non à la danse d'un côté, aux arts plastiques de l'autre, à la musique ailleurs ; non au pré-carré des scènes nationales et leurs thuriféraires bien nourris.

Pourquoi pas un endroit avec des lieux d'échanges, de répétitions, convergeant vers une scène commune ?

Au passage, c'est quoi cet hypocrisie des Beaux Arts qui prétend à la trans-disciplinarité et qui renvoie ses ouailles dans un monde qui n'embauche que des spécialistes ?

Il faut ouvrir les salles, que les générations se retrouvent dans un même lieu, tour à tour, avec des créateurs, des créatrices disponibles pour faire vivre ces lieux, comme des auxiliaires et des révélateurs des endroits où ils travaillent.

Ne vous inquiétez pas, je ne parle pas de stage de macramé, mais de l'autogestion dans le geste artistique.
Des lieux subventionnés ou financés avec une mission : un endroit de partage où le public du jour est sur scène le lendemain, casser le mur entre amateurs et profesionnels. Un bel outil comme on dit, c'est pas fait pour marcher 4 jours sur 7 et seulement le soir.

Ouvrir aux propositions par le collectif et non pas sur décision d'une seule personne au sommet de la pyramide.

vendredi 1 janvier 2021

Mes vœux seront ceux du silence

Pour tout dire, je trouve que nos vœux ont pris un coup de vieux

Pour en dire encore plus, j'ai envie de remiser la plume. 

Je n’ai plus le goût d’écrire là, maintenant, pour vous, pour moi, pour rien.


Nos mots, la babelisation des paroles, le babil permanent des opinions mondiales dont on se torche, me fait renoncer à croire que l’expression verbale soit porteuse d’un espoir quelconque. A chaque fois que quelqu’un s’exprime ici, sur ces réseaux, un chaton meurt quelque part dans l’univers. J’en suis sûr.


Même chez les artistes, je ne lis que phrases toutes faites et réflexions convenues, ou en tout cas, qui ne cherchent pas à faire bouger grand’ chose et pire, qui prétendent s’attacher à une situation de confort bourgeois, derrières les murs des théâtres, des scènes, des claviers d’ordinateurs, des micros, accrochés à un statut social beaucoup plus qu’à l’expression d’œuvres révolutionnaires ou au moins révoltées.

Même les attitudes rebelles de subventionnés culturels semblent tout à fait obsolètes et marquetées tant on passe notre temps à se plaindre, à revendiquer la liberté individuelle, sans dieu, ni maître, sans genre, sans rien… et donc à lobotomiser nos espaces d’échanges afin que plus personne ne puisse plus parler de personne tant qu’on n’a pas pris l’avis de chacun. 

Absurdistan vous dites ? Elle est où l’unité ? Il est où le grand souffle collectif ? 

L’universalité se meurt sous les coups des démagogues et du libéralisme abruti.


Mais foin de l’ambiance un tantinet dépressive de cette fin du monde qui approche à grands pas, je n’ai jamais eu autant envie de dire à travers la musique, je n’ai jamais eu autant foi dans l’inexprimable, et justement, dans le « ce qu’on ne peut pas dire »: c’est-à-dire, l’Art.


Pas la chansonnette à 1 milliard de vue sur YouTube d’un jeune entrepreneur de la musique dont l’indépendance est garantie par Universal, pas le livre d’une gamine portée aux nues par des maisons d’édition gorgées de vieux pédophiles, pas le blockbuster de vieux ricains en fin de vie qui ont gonflé nos désirs de cinéma au XXe siècle, pas de vieilles peintures de musées pénibles à contempler ou d’une énième version de Molière ou du Lac des Cygnes. Non, non et non.

Des chemins nouveaux, des mélodies jeunes et incertaines, des morceaux qui ne cherchent pas à avoir raison, à vendre ou à convaincre, un piano électrique et versatile, dont les mots peinent à définir le chemin, ce qui reste la plus grand garantie de sa liberté.


Vous voyez ? Je me prends d’un coup à espérer, à souhaiter l’anfractuosité vers de nouvelles dimensions, des univers parallèles où enfin la parole n’est plus capable d’emmurer la vivante, le créatif, l’inventeur, la danseuse, la fondatrice, le civilisateur. Là où il n’y a ni style, ni genre, mais la mort et l’amour, tout le reste n’étant que relatif et paradis introuvables.


Je vais vais donc me taire et laisser faire la musique. J’ai écrit trop de bêtises, de mots, parfois même mal orthographiés, avec l’espoir d’un changement, de faire la différence. Las, toutes ces phrases perdues au milieu des vôtres n’ont strictement aucune importance. Le son, l’onde, le crescendo, l’andante, le groove, la cadence, la mélodie… voilà les seuls mots que je me souhaite, que je nous souhaite. 


Taisons nous plus, agissons mieux, aimons tout ce qu’on peut aimer, silencieux et enfin disponibles aux autres, à soi, à la vie. Vite.


mercredi 4 mars 2020

Comme toujours

Le crétinisme en marche,
La mémoire courte,
L'œil rivé sur le portefeuille,
Oublier le rêve, être pragmatique,
Cracher sur les pauvres, prendre du viagra,
Conquérir de nouveaux marchés,
Oublier qu'on les a conquis,
Recommencer jusqu'à épuisement de la planète,
Tripler le montant en milliards,
Avoir 12 hélicoptères,
De la coke dans 10 frigos

mercredi 11 juillet 2018

Un nouveau désespoir

Ce monde croit aux dieux, aux diables, aux puissances invisibles.
Ce monde croit à l’inéluctabilité de la Force telle que définie par Georges Lucas.
Ce monde ne veut surtout pas regarder en face sa propre fin, alors que les miroirs mis en place par les dernières technologies réfléchissent sa bêtise à longueur de journée par l’écran tactile mais intouchable d’un mouvement universel. 
Ce monde non seulement croit à des forces diffuses et cachées, mais il les appelle de ses vœux comme l’échappatoire ultime à ses désirs hédonistes, enfin sans lendemains, pêcheur ou saint suivant la force de ses convictions intimes, aventurier nihiliste aux aspirations bukowskiennes pour les plus courageux. 

Ce monde dont on pense qu’il ne croit plus en rien, est plus que jamais admiratif d’un au-delà qui justifierait enfin sa propre impuissance, son incapacité chronique à répondre aux exigences d’une éthique, fusse son urgence invoquée par l’humanité la plus désespérée. Et s’il ne se tourne pas vers le ciel pour trouver ses dieux, il trouve dans sa propre histoire, en une réflexion empirique, les justifications de son impuissance chronique, miraculeusement désigné par les générations précédentes comme le réceptacle idiot d’un fruit qu’il ne désire que manger.
En commençant par les politiciens, puis les marchés.
Tous ces puissants semblent agir et parler comme s’ils étaient les victimes d’une puissance erratique dont le contrôle leur échapperait. Regardez les donner des noms à des dieux-mots qui les excusent et les déculpabilisent: la dette, la reprise, les lois, les codes… 
Comme si ces derniers n’émanaient pas d’eux.

Il est totalement normal du coup, que les peuples se tournent vers l’irrationnel, les mystiques, le complotisme dans la mesure où ceux qui les dirigent semblent faire de même face aux responsabilités qui leur incombent

jeudi 15 mars 2018

Je parle

Je parle, je parle, je parle parce que tu m'écoutes pas
J'écris aussi, parce que même si tu m'écoutes, tu m'entends pas
Tu t'en tamponnes
Je parle parce que j'ose pas te dire, je veux pas te montrer
Je te hais parce que tu m'aimes pas, je t'aime pas parce que tu hais, pas pour ce que tu es
Tu écris, tu parles, tu craches, tu hurles, tu insultes et moi je fais pareil,
Comme un con, comme une locomotive dégueulasse qui fonce sans crier gare
Parce qu'on se voit pas, parce que t'es con toi aussi
Alors tu craches, tu hurles, tu gueules ce que tu crois que t'es
mais ce qui est vrai, tu le caches, tu l'enfouis dans ton ventre, dans la terre
C'est pour ça que je parle, je parle mais t'es sourd comme un moi sans oreilles
Mais tu sais quoi, je vais arrêter,
Ce champ de bataille rempli de fiel
Où les ennemis rappliquent, et d'autres arrivent encore
Ils parlent, ils parlent, ils parlent parce qu'on les écoute pas
Personne ne les écoute, leur voisin, le monde, leur famille
Ils sont seuls alors ils hurlent, ils insultent, commes des cons
Ils tueraient pour que tu les vois, ils tueraient pour être les seuls
Alors que c'est eux les voisins,
c'est eux le monde,
c'est eux la famile
Quand c'est qu'on dit nous ?
Me fais pas rire
Alors je parle, je parle parce que tu viens toujours pas,
Je parle parce que t'as jamais été là
Je me parle en fait
Je t'écrase et je me rassure
Parce que si t'es pas là au moins,
J'ai mes excuses, ma raison
C'est moi qui ai raison
Tu m'entends ? Eh, je te parle !!
C'est moi qui ai raison,
Moi.




(On a même pas le courage de se taper dessus,
Quand on s'insulte, on se protège
Tu t'indignes de quoi pauvre petite chair ?
T'as quoi à me dire !?
Toutes tes colères qui suintent dans des sièges Ikea
ces doigts fébriles qui hurlent leur besoin d'exister
Cette envie d'avoir raison qui dégouline dans des fils électriques
t'en fais quoi quand t'as tout éteint, ta conscience, ta confiance?)



samedi 24 février 2018

L'eau séant


Ecrire contre la nausée. 
Ecrire contre la chaleur. 
Contre l'étouffement. 
Laisser les mots comme autant de gouttes de sueur 
suinter par les pores de l'inspiration, 
au rythme de notre respiration haletante. 

T'es tu déjà imaginé comme une gigantesque planète océan, 
dont notre conscience au moment présent, 
serait la surface où ressurgissent, venus de fonds abyssaux, 
les souvenirs et les pensées enfouis par ce temps qui passe 
dont les flots s'agitent au gré de nos choix et de nos décisions, 
et figurant dans sa perfectible rondeur apparente, 
notre vie émouvante ? 

La vois-tu cette planète sans noyau, 
sans limite, 
dont chaque nouvel instant est une vague naissante recouvrant les précédentes, 
sans qu'on puisse jamais distinguer dans la fulgurance de son mouvement, 
ce qu'elle doit au passé et ce qu'elle appelle du futur ? 

Voilà une pensée rafraîchissante. 
Une pensée d'été 
et d'avoir été.