samedi 24 février 2018

L'eau séant


Ecrire contre la nausée. 
Ecrire contre la chaleur. 
Contre l'étouffement. 
Laisser les mots comme autant de gouttes de sueur 
suinter par les pores de l'inspiration, 
au rythme de notre respiration haletante. 

T'es tu déjà imaginé comme une gigantesque planète océan, 
dont notre conscience au moment présent, 
serait la surface où ressurgissent, venus de fonds abyssaux, 
les souvenirs et les pensées enfouis par ce temps qui passe 
dont les flots s'agitent au gré de nos choix et de nos décisions, 
et figurant dans sa perfectible rondeur apparente, 
notre vie émouvante ? 

La vois-tu cette planète sans noyau, 
sans limite, 
dont chaque nouvel instant est une vague naissante recouvrant les précédentes, 
sans qu'on puisse jamais distinguer dans la fulgurance de son mouvement, 
ce qu'elle doit au passé et ce qu'elle appelle du futur ? 

Voilà une pensée rafraîchissante. 
Une pensée d'été 
et d'avoir été.

samedi 7 mai 2016

Fascisme et horreurs ordinaires

Plus on donne de la visibilité aux pauvres, plus on rend leur abandon criant, et plus la culpabilité et la peur de devenir comme eux rend le français moyen totalement con. Alors, il devient violent avec ce qui'il ne veut pas devenir. Alors l'image de lui-même qu'il lui est tendue devient tellement insupportable, qu'il frappe sur son propre reflet, avec d'autant plus de hargne que lui aussi se sent abandonné. Et c'est un miroir dans le miroir qui n'en finit pas, une mise en abyme qui va au plus haut sommet des hiérarchies de ce monde. La peur de la chute, la peur d'être snipé sur son perchoir alors qu'on y tient à peine en équilibre. Le grand remplacement par les fachos a commencé.C'est ce que provoque généralement la colère abrutissante des peuples impuissants.Mais ne vous inquiétez pas, leur appel au fascisme sera bientôt entendu.T'inquiète, petit bonhomme méprisable, tu l'auras ton ère des petits pères du peuple.Ils vont s'occuper de toi et de ta famille. Ils sont cons mais pas sourds. Et tes descendants auront des cheveux bien peignés. Tu l'auras ton grand remplacement. 
Peut-être pas comme tu crois.

mercredi 16 mars 2016

LE FILS DE VIVIENNE WESTWOOD VA BRÛLER SA COLLECTION DE PHOTOS PUNK ESTIMÉE À 5 MILLIONS DE LIVRES

(lien de l'article à la fin de ce texte)

Je suis pas punk. J'entends d'ici mes amis s'étouffer de rire.
C'est juste ce que ça dit de nous, de notre société qui se regarde tout les 5GB/s dans le miroir en se mettant des doigts dans tous les écrans. 
En fait, je trouve ça génial, de rien laisser, de ne rien mémoriser et de ne rien donner de soi aux générations d'après.
Démerdez-vous, créez vos propres clichés, enculez qui vous voudrez et surtout allez vous faire foutre avec vos reproches et vos psychanalyses parce que papa et maman vous ont dit non alors qu'ils bouffaient tout le pot de confitures en jetant des tonnes de déchets dans la nature.
Vous n'auriez pas fait mieux, ni différemment, vous avez juste désormais la chance de ne pas avoir le choix: le monde court à sa perte.
Ce que vous pouvez faire par contre, c'est reprendre le flambeau et courir avec gloire, avec fierté, vers la fin de ce monde, dont l'humanité fuit par tous les pores dilatés de sa pensée malade, de ces utopies qui ne trouvent plus de corps pour les abriter. Et à toutes berzingues encore.
Ne vous y trompez pas, c'est ça aimer la jeunesse et lui donner sa chance.
Croire qu'elle est capable par elle-même de générer ses propres cris, ses propres révoltes ou pas, de continuer sans ciller l'incroyable dégénerescence d'une vie qui se croyait supérieure. 
Direction: l'absolu nihilisme, seul programme crédible pour bâtir un simulacre de renouveau. 
Fin de le décadence, déliquescence des corps et des mœurs pour enfin remonter et recommencer le cycle infernal contre les crétins et leur morale familiale qui inévitablement, enverront des bombes à ceux qui ne veulent pas de leurs espoirs. L'espoir du côté des puissants, n’est qu’un fascisme.
Comme il a raison de tout vouloir casser, de tout vouloir brûler ce mec que je ne connais pas. J'espère qu'il va arriver à en détruire le plus possible avant qu'un golmon n'essaie de tout scanner et de tout rediffuser, ce qui doit être déjà le cas. 
Ne plus rien enregistrer, ne plus rien sauvegarder en-dehors de notre seul périphérique physique. 
Rien en dehors de nous, bordel !
Pourquoi ?
Parce que notre cerveau explose sous le flux permanent de ces vies qui ne sont pas les nôtres, parce que de nos yeux coulent le sang de gens que nous ne connaissons pas, d'expériences que nous n'avons pas vécues, parce que nous croyons toucher des corps que nous n'avons pas croisés, vu des paysages que nous n'avons pas traversés. Il faudrait un gigantesque autodafé, ne rien transmettre, se taire et laisser enfin une table rase aux générations futures.
Je ne suis pas punk, mais putain, qu’est ce que ce serait beau le no future, une humanité 2.0.
Quoi ?

jeudi 28 janvier 2016

2017: Taubira ? Ira pas ?


C'est pas pour la ramener, mais j'adore ce pays où pas un n'ouvre un journal pour lire ce que font ou pas les ministres, mais est tout à fait capable de hurler sa haine, son aigreur, son ignorance, et soyons cash, sa connerie, au passage d'une ministre démissionnaire.


Moi je m'en fous un peu de Taubira je te dirais. L'histoire montrera si oui ou ou non, elle a été une bonne fonctionnaire en tant que ministre.


D'ailleurs, l'idolâtre de Taubira m'exaspère à peu près autant que le droitard aboyant sur son passage.


Ouais, ouais, les grandes déclarations, les phrases humanistes, ça a toujours bien fait tripper le PS qui n'en a manifestement rien à foutre concrètement, mais dont les ouailles, et ce depuis Mitterrand, passent leur temps à se frotter contre tout ce qui est formule littéraire et autre emportement amphigourique avec le pathétisme et le ridicule du chien contre une jambe.

Mais je m'emporte. Pas plus mal, merci.


Ceux qui vénèrent Taubira le font, j'imagine, pour les mêmes raisons qui me donnent envie de la voir candidater en 2017:

- donner une épidémie d'ulcères aux rangs de la droite

- voir la manif pour tous organiser des suicides collectifs

- la voir présenter ses vœux présidentiels en imaginant un électeur du FN devant son poste 

- et puis merde, oui, avoir une femme Président, noire, aux vues me semblant légèrement au-dessus de la mêlée.


Soyons honnêtes: vu son côté épouvantail auprès de la gente teubé de notre beau pays, le ratio FN/PS au second tour risquerait de basculer du côté obscur.

C'est pourquoi je suis pour la fin immédiate de l'idolâtrie Taubira et le début d'une réflexion au PS pour en faire une super candidate. Ouais, c'est pas gagné, mais c'est pas plus con que de croire qu'on n'est jamais allé sur la lune.

mardi 8 décembre 2015

L'invasion

J'ai des poux.
Est ce que ça va me laver la tête si j'écris ?
J'ai des poux. Des petits trucs qui te vous sucent le sang à même la peau. Ils n'ont rien de méchant, c'est juste leur boulot. On ne dit d'ailleurs pas "ils te démangent", on dit "ça te démange" tellement qu'ils ne sont pas responsables de leurs actes. Ils sont délocutés comme disait mon prof' de philo. Quand je pense que si on écoutait les amis de la nature, faudrait pas les tuer ces sales bêtes, mais juste essayer de les apprivoiser, de les nourrir gentillement, d'en faire peut-être des amis ou des confidents.
J'ai des poux, de plus en plus nombreux, de plus en plus affamés, à un point qu'ils me font dire des bêtises, et que je sens qu'un jour, je vais vraiment m'énerver. Eux, ils n'ont pas vraiment de raisons d'être là, ni de haine, c'est juste qu'ils sont comme ils sont. Ils n'ont pas demandé à arriver dans ces forêts capillaires où ne voit bien que celui qui est le plus haut. C'est certainement la faute à ceux qui les portent. Ils sont comme une charge inutile dans un monde qui n'a pas besoin d'eux. Alors ils n'ont plus qu'à être eux-mêmes, des sales bêtes affamées, moches en plus de tout, qui ne vivront pas longtemps même si on les laisse, acharnées jusqu'à leur mort à leur basse besogne: celle de me gratter la tête, de me faire dire des bêtises, d'avoir la haine contre eux alors qu'il sont juste des poux, de pauvres cafards minuscules, et rien d'autres.
Mais qu'arriverait il si je finissais par les aimer, les adopter, les laisser par milliers, pousser au milieu des mèches ? Si je finissais par les filer à ma famille, mes amis, ma ville ? Si je finissais par lâcher toute cette haine sourde dont, moi aussi, je pourrais expliquer enfin, que je n'ai pas d'autre choix que de la laisser proliférer ? Je fais quoi avec ces sales bêtes, ces immondes reflets déformés d'un moi bientôt exsangue ?
Alors oui, je pourrais aussi ne rien faire, devenir comme eux, m'acharner à vivre au jour le jour, à me nourrir, à exister, sans questions, à profiter pleinement du sang de l'autre jusqu'à ce qu'épuisé, il se transforme en moi.
Et qu'on soit tous avec la tête qui gratte, des poux mangés par des poux. Démangés par la peur de ne pas manger.

dimanche 11 octobre 2015

Dimanche après le rhum

On en a marre de dire l'évidence, alors on s'enferme dans l'abscons, le quant-à-soi et les mystères sibyllins. On en a marre de s'indigner et que rien ne se passe à part le temps. On en a marre des mots qui ne font rien qu'à narguer notre impuissance à les rendre réels.

Alors on va à la brocante, des fois que le passé ne nous saute à la gueule et nous oblige à aller de l'avant, ou ne nous fige définitivement dans ce sourire crispé d'enfant qui ne sera jamais plus.

Le problème c'est qu'on n'est pas là, mais qu'on est sûr d'avoir été là-bas et que là-bas n'est plus ici. Le passé ne nous habite même pas et il lui faut des totems, des bouts d'écharpes, des haleines de réveil.
Je ne suis pas sûr qu'on puisse échapper au présent, mais les efforts que l'on fait pour s'y soustraire sont prodigieux et si épuisants que tout cela ne peut être que mortel.

Trouver l'infini dans l'instant, voilà le vrai défi.

samedi 5 septembre 2015

L'émotion de censure

Dans ce pays, toute émotion est suspecte et déclenche l'ire du réac qui sait, lui, quand il faut s'émouvoir, quand il faut pleurer ou pas, dans des post où sa haine de l'autre peut enfin pleinement s'exprimer.

Mais si, vous le connaissez, lisez le, vous verrez: rien n'est jamais de sa faute, ni de sa responsabilté, c'est toujours de la faute du gouvernant, de la politique, des journalistes, des gauchistes, cette lie qui en veut à sa propriété, qui salit ses rues de manifs, qui vit sur le cul des ses impôts.

Mais si vous le connaissez, c'est celui qui rappelle tout le temps qu'il a déjà donné, que les pauvres d'en bas de chez lui sont prioritaires
(à savoir que lui s'est déjà occupé de tout ça, qu'il est super avec les gens qu'il aime et qu'il est irréprochable)

Mais qui rappellera également qu'il faut pas trop pousser avec le RSA
(à savoir que lui en profitera peut-être un jour comme les autres et que s'il y a moyen de magouiller, il le fera parce que "eh, les autres le font bien ")

Mais si, vous le connaissez, lisez le celui qui ne propose jamais rien hormis frapper les délinquants ou faire couler les bateaux, alors que sa vie est à l'abri, que l'hôpital et l'éducation lui sont fournis, lui qui n'a jamais eu à se battre pour obtenir la moindre liberté et encore moins pour ce pays "qu'on attaque", qui coule des jours à l'abri comme du cholesterol dans les artères et surtout, celui qui finalement fait peser lourdement une chape de plomb sur le moral de ses concitoyens. Ne le cherchez pas que dans les votes extrêmes et regardez aussi s'il ne sommeille pas en vous.

Mais si, vous le connaissez, lisez le celui qui regarde les riches avec envie et qui crache sur les chômeurs, crache sur les people et les bourgeois mais voudrait en être, celui qui déblatère son avis sur des guerres qu'il ne comprend pas, celui qui par la magie de son ignorance mène le monde à la baguette.

Ce qu'il y a de bien dans son cas, c'est que d'être con, ça ne se voit pas, ça ne se sent pas et ça ne nécessite pas de venir de tel ou tel milieu.

C'est pas comme un migrant qu'on voit arriver de loin,
C'est pas comme un handicapé en fauteuil roulant,
C'est pas comme un camerounais ou un indonésien,
un algérien ou un esquimau,
C'est pas comme un SDF au visage marqué par la crasse,
C'est pas comme un enfant mort jeté sur le rivage,

Alors je suggère à à la communauté scientifique de trouver rapidement un moyen de les reconnaître,

ces cons,
ces fafs,
ces réacs,
ces haineux

et je suggère qu'on trouve, rapidement, un produit pour que leurs humeurs leur donnent un joli teint jaunâtre ou verdâtre,
qu'on puisse les reconnaître dans la rue,
qu'on puisse leur faire subir la traque dont ils rêvent pour les autres et puis qu'on les capture,
qu'on les mette sur ces bateaux sans fond sur lesquels eux-même voulaient voir les réfugiés
et qu'on les coule en les donnant à bouffer au passage aux requins, parce que je vais te dire,
moi, je l'attends avec impatience,
le grand remplacement de cette engeance.